Sarrazine

Julie Rossello Rochet / Lucie Rébéré

Mardi 26 mars
à 20h

Théatre
Tout public, à partir de 14 ans
1h30
14€ / 10€ / 7€ / 5€
(tarifs de la Comédie itinérante)

Présentation

Née à Alger en 1937 de père et mère inconnus, elle est adoptée par un colonel de l’armée française à 2 ans. Brillante élève à Aix-en-Provence à 10 ans, on la retrouve à Marseille 5 ans plus tard en maison de redressement. Prostituée à Paris à 16 ans elle est condamnée pour vol à main armée à 18. Elle s’évade à 20 ans et se marie à 22. Grand amour. À 27 ans elle est autrice de romans à succès : La Cavale, L’Astragale, La Traversière. Albertine Sarrazin meurt à 30 ans d’une opération mal préparée. Le désir de porter sur la scène l’histoire de ce météore de la littérature française est né d’une rencontre entre Julie Rosselló Rochet du Collectif artistique et la formidable comédienne Nelly Pulicani. Ensemble, accompagnées de Lucie Rébéré pour la mise en scène, elles nous conduisent, entre ombre et lumière, dans un voyage d’amour, à mort, pour la liberté.

© Crédit photo : Romain Capelle

L’équipée

Nelly Pulicani • Comédienne

Nelly Pulicani est formée à l’Esad de Montpellier , à l’Ensatt de Lyon puis à la Comédie Française. Elle crée en 2012 le Memento Occitan d’André Benedetto qu’elle joue au théâtre des Carmes d’Avignon et à Théâtre Ouvert. En 2013 avec cinq camarades anciens élèves de la Comédie-Française ils fondent le Collectif Colette et adaptent Pauline à la plage d’après Eric Rohmer mis en scène par Laurent Cogez qu’ils jouent au Théâtre de Vanves, au TNB et à Beyrouth. Elle est membre du JTRC au CDN de Tours pendant deux ans, elle joue dans Yvonne princesse de Bourgogne mis en scène par Jacques Vincey et Vénus et Adonis mis en scène par Vanasay Khamphommala. Elle participe à la création du Festival WET. En 2017, elle joue Zerbinette dans Les fourberies de Scapin de Molière mis en scène par Marc Paquien, Part-Dieu de Julie Rossello-Rochet mis en scène par Julie Guichard et dans Innocence de Dea Loher mis en scène par Sarah Calcine lors du Festival de Villereal. En 2018, elle met en scène Cent mètres papillon de Maxime Taffanel et joue dans Vilain! mis en scène par Alexis Armengol.

Julie Rosello Rochet • Écrivaine

Julie Rossello Rochet écrit des pièces pour le théâtre, des poèmes, de la prose. Sélectionnées par différents comités de lecture (Bureau des lecteurs de la Comédie Française, Mousson d’été, TAPS Strasbourg, Théâtre du Poche…) ses pièces font l’objet de traductions, de mises en scène ou de réalisations pour France Culture. Elle est membre du collectif artistique de La Comédie de Valence (CDN Drôme-Ardèche) et artiste associée au Théâtre de Villefranche. Elle intervient ponctuellement au sein d’écoles nationales supérieures d’art dramatique (ENSATT, Académie de Théâtre de Shanghaï, La Manufacture). Elle termine par ailleurs son doctorat à l’Université Lyon II. Ses pièces sont publiées aux éditions de L’Entretemps (Duo, lorsqu’un oiseau se pose sur une toile blanche) et Théâtrales (Cross, chant des collèges ; Atomic man, chant d’amour ; Part-Dieu, chant de gare ; It’s okay to say no).

Lucie Rébéré • Metteure en scène

Lucie Rébéré intègre en 2009 le conservatoire du 5e arrondissement de Paris dirigé par Bruno Wacrenier qui lui confie dès sa première année la mise en scène des Acteurs de Bonne foi de Marivaux. En 2011, elle met en scène Valse de Julie Rossello-Rochet et intègre la classe de Sandy Ouvrier au CNSAD en tant qu’auditrice metteure en scène et collabore avec Guillaume Fulconis et le Ring théâtre. Elle met alors en scène deux nouvelles pièces de Julie Rossello-Rochet : Duo, lorsqu’un oiseau se pose sur une toile blanche (Pina Bausch et Merce Cunningham) en 2012, soutenu par le Centre National de la Danse de Paris, texte qui reçoit l’aide à la création du CNT et Du Sang sur les Roses, en 2013, spectacle finaliste Paris Jeunes Talents qui se jouera à Lyon (scène découvertes et théâtre Kantor) puis à Paris au Théâtre  Confluences. En 2014, elle fonde la compagnie LA MAISON avec Julie Rossello-Rochet. Elle met alors en scène Cross, ou la fureur de vivre au CDN de Valence, actuellement en tournée, puis intègre le collectif artistique de la comédie de Valence. Elle crée en 2017 ATOMIC MAN, chant d’amour au CDN de Valence et en tournée au CDN de Saint-Étienne, Dijon, Limoges, et au Théâtre de Villefranche, auquel elle s’associe également. Parallèlement, elle joue dans plusieurs films pour le cinéma et la télévision.

Note de l’écrivaine

Le balbutiement de Sarrazine vient de loin ; de notre volonté, la comédienne Nelly Pulicani et moi, de travailler ensemble. Nous cherchions depuis longtemps…Calamity Jane cavala sous nos yeux un moment puis, plus tard, Nelly évoqua Albertine et je commençai à la lire…et très vite je l’associais à Jean Genet, une Jean Genet femme morte beaucoup trop tôt pour accomplir ce qui aurait été, à mon sens, une immense œuvre.
Albertine me séduisit fort par son insoumission viscérale actée par son courage à fuir pour rester entière (avec ses pieds, sa tête et ses rêves), les titres de son œuvre (La Cavale, L’Astragale, La Traversière) évoquent cette force-là, celle de la fuite pour continuer à s’appartenir totalement.
Albertine, comme Calamity, cavale : Alger. Marseille (maison du Bon Pasteur). Prison de Fresnes. Créteil. Boulogne. Paris. Amiens. Soisson. Pontoise. Nîmes. Alès (où elle écrit L’Astragale). Les Cévennes. Montpellier (clinique Saint-Roch) où elle meurt. Elle a parcouru la France le plus souvent en fuite ou en transfert d’une maison d’arrêt à une autre, souvent pour se rapprocher de Julien. Tour à tour en course ou en arrêt.
En parallèle, Nelly était dans une recherche sur la mémoire et sur les traces de sa famille pied noir. Elle a enregistré sa grand-mère Hélène Talaïa mariée Pulicani, d’origine sicilienne, née à Sfax en Tunisie, où elle a passé ensuite la majeur partie de sa vie et qui, passée l’indépendance de la Tunisie, à continuer à vivre dans sa tête là-bas, alors même qu’elle vivait à Alès, en France (à partir de 1957).
Nelly Pulicani est une comédienne terrienne, ancrée. Elle est danseuse de formation, (tout est toujours concret avec le corps). Nelly est née à Alès. Elle a fait ses études à Montpellier, elle est partie à Paris pour vivre sa vie de comédienne. Et puis en 2017, cinquante ans (pile poil) après la mort d’Albertine, sa mère lui a offert L’Astragale, un roman qu’elle avait lu cinq fois.
Albertine Sarrazin est née à Alger et morte 29 ans plus tard à Montpellier au cours d’une opération mal préparée. L’âge qu’aura Nelly en 2018. Les liens sont multiples entre ces deux petites femmes, ils forment des dentelles d’autres liens et bien entendu l’on voit toujours ce que l’on veut voir lorsque l’on est saisi. Pourtant la Sicile, pourtant la Tunisie, Alger, Marseille, Paris, pourtant la vie de prostituée, la vie de comédienne (quand on sait comment a longtemps été perçue la profession) ; certains liens sont évidents qui sont, en fait, plutôt des intérêts.

Julie Rossello Rochet

Note de la metteure en scène

Je ne connaissais pas Albertine Sarrazin avant que Julie me la présente.
J’ai découvert une écriture puissante, presque adolescente – ce qui me transperce – et que je n’avais jamais lu ailleurs : celle d’une femme en explosions, une hirondelle blessée à l’oeil perçant qui vole sans filet, qui traverse la frontière, qui saute un mur de 10 mètres, celui de la prison, puis pète Le Mur général, qui enjambe les lignes, qui déborde du cadre de la vie.
Puis j’ai découvert Julien Sarrazin, celui qui l’embarque, sur le champ, dans sa vie et lui donne son nom d’autrice (car elle ne voulait plus du sien) lors d’un mariage de permission parce qu’elle est en prison. Un homme qui déborde tout autant, qui répare son astragale cassé en braquant des banques, qui disparaît aussi et place alors Albertine enfermée dehors car elle l’attend longtemps…
Puis, sortant de prison à son tour, il lui consacre sa vie jusqu’à se battre avec la justice, pour faire de la mort d’Albertine un cas de jurisprudence et changer totalement les règles d’une opération chirurgicale en France. Nous en profitons toutes et tous aujourd’hui. J’ai donc découvert aussi une histoire d’amour, en dehors de tout cadre.
Nelly Pulicani est une comédienne intense avec les pieds dans la terre, l’énergie haute et accidentée, l’humour acerbe et le corps poétique. J’ai depuis longtemps envie de travailler avec elle. Ses attachements organiques, affectifs et sensuels à l’histoire et l’écriture d’Albertine Sarrazin me donnent l’envie, pour la première fois, de travailler sur la composition : travailler l’incarnation, précisément avec elle. C’est à dire la pousser à se rapprocher par le corps, par le souffle, par le travestissement de ce que représente pour elle cette femme ; riche de ses lectures, des archives mais aussi de son imaginaire… L’illusion d’une Albertine Sarrazin sur scène dans le corps de Nelly. Et les vertiges qui y sont associés.
Et puis évidemment (faut pas pousser) en sortir plus grande(s) ; exploser le personnage (car je déteste ce mot), et se rapprocher au plus près de l’histoire de cette jeune comédienne en 2018 : Nelly. Tirer les fils de Nelly -sans psychologie- et mettre alors sur le plateau du théâtre son propre mur à sauter puis à péter. Raconter au final une construction libre et sans cadre de ce qu’est devenir femme aujourd’hui : donner à voir l’énergie de Nelly, pleine de celle d’Albertine : une histoire d’amour, dans le cadre du théâtre. Une histoire d’explosion pour inviter à construire, à créer. Toujours.
Avec Sarrazine, il s’agira de sortir du biopic et de convoquer le travail de la comédienne dans ce qu’il a d’extrême dans un dispositif bifrontal qui rappelle les regards permanents posés sur la prisonnière Albertine, mais aussi ceux poser sur la comédienne, en travail. Nelly a dit : j’aimerais jouer autre chose qu’une « femme pot de fleurs ». C’est cela que nous tenterons.

Lucie Rébéré

Distribution

Texte Julie Rosselló Rochet 
Mise en scène Lucie Rébéré
Jeu Nelly Pulicani
Scénographie Amandine Livet
Lumière Pierre Langlois
Son Clément Rousseaux
Costumes Floriane Gaudin
Régie générale Sylvain Brunat

Mentions de production

Production La Comédie de Valence CDN Drôme-Ardèche ; Compagnie La Maison
Coproduction Domaine d’O, Montpellier ; Théâtre de Villefranche
Remerciements aux Maisons Mainou, résidence suisse de la Fondation Johnny Aubert-Tournier, dédiée à l’écriture dramatique et à la musique pour la scène, à l’association Orpheon – Bibliothèque Armand Gatti et au Festival les Nuits de L’enclave, L’enclave des papes
Remerciement pour l’accueil en salles de répétitions au Théâtre National Populaire, Accueil studio, aux Subsistances, Lyon, 2018-19, et aux Tréteaux de France

Version LSF avec le soutien de la Fondation JM Bruneau sous l’égide de La Fondation de France et du Fonds d’aide à l’accessibilité du spectacle vivant – DRAC Auvergne Rhône-Alpes

Julie Rossello-Rochet et Lucie Rébéré sont membres du Collectif artistique de La Comédie de Valence, CDN Drôme-Ardèche.

Spectacle proposé dans le cadre de la Comédie itinérante avec la Comédie de Valence.

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